OSMOSUN® et l’Océan

7 juin 2021

La Journée mondiale de l’océan a été lancée par l’@UNESCO en 1992 à l’issue du sommet de Rio. Elle se déroule chaque année, à la date du 8 juin. L’édition 2021 « L’océan : vie et substance » mettra en avant les merveilles de l’océan et la façon dont elles représentent notre source de vie, en servant l’humanité et tous les organismes sur terre.

Un sujet qui fait corps avec notre activité. Un thème forcément cher à nos yeux, qui met en lumière notre relation avec l’océan.  

Nous avons choisi pour cette édition de vous éclairer sur les effets de nos solutions #OSMOSUN de dessalement par osmose Inverse sur la ressource « eau de mer » et de donner la parole à Maxime Haudebourg – Fondateur et Directeur Général de la société Mascara.

Bonjour monsieur Haudebourg, pourriez-vous nous expliquer comment se déroule le processus de récupération de l’eau de mer ?

L’eau de mer va être collectée soit directement dans la mer soit au travers d’un puit en bord de mer. De notre côté, nous essayons au maximum de la collecter au travers d’un puit parce que ce système permet d’utiliser la plage comme un filtre à sable et donc de préfiltrer l’eau. Ça n’enlèvera pas le sel mais ça permet d’enlever les algues et micro-organismes et d’avoir une eau absolument prête à être traitée. Cette eau prélevée, évidemment salée, va être ensuite transformée en eau douce et c’est cette eau douce qui va être vitale aux populations qui se situent aux bords des côtes dans les pays où très souvent on a le soleil, la mer mais pas forcément d’eau douce à disposition. Dans ce cas, l’océan devient une ressource d’eau douce indispensable pour les populations, en particulier les villages de pêcheurs mais également toutes les villes côtières qui sont en déficit d’eau.

Que deviennent les saumures issues du dessalement solaire ?

Elles vont retourner à la mer et oui, effectivement, il y a toujours une question autour de ces saumures et la manière de les rejeter puisque ces saumures sont plus salées que l’eau de mer. Nous travaillons notre manière de les rejeter. Nous essayons et nous faisons en sorte, que les saumures ne soient pas trop sur-salées et pour cela nous travaillons sur notre équipement avec des recovery faibles. Le recovery, c’est le taux de conversion eau douce / eau saumâtre. En clair, sur 100 litres d’eau de mer qui vont entrer dans notre machine, nous en produirons 35 litres en eau douce et nous produirons donc 65 litres d’eau que nous rejetterons à la mer. En ayant un taux de conversion assez faible, on va devoir pomper beaucoup plus d’eau que nos confrères mais ça nous permet d’avoir un rejet qui est faiblement sur-salée.
A titre d’exemple, une grande usine de dessalement industriel cherchera plutôt des recovery de l’ordre de 50 à 60 % ce qui signifie qu’elle rejettera dans ce cas 40 litres de saumure très salée à la mer.. Et lorsque la saumure est très salée, cela crée un choc osmotique au retour dans l’océan et ce choc osmotique est destructeur pour la vie en général que cela soit pour les poissons, les algues et tous les éléments vivants du milieu.

Donc nous, on revendique un taux de conversion faible pour avoir un rejet compatible avec l’eau de mer. C’est un peu contraire à l’idée dominante puisqu’on cherche en général à avoir toujours des rendements et des taux de conversion élevés.
Nous pouvons nous permettre de faire cela parce que l’énergie qui nous permet d’apporter l’eau à notre machine et de transformer l’eau, est totalement gratuite. On se dit : la ressource « océan » est infinie, l’énergie solaire est entièrement gratuite, si on tient compte de ces 2 éléments là, on peut se permettre d’avoir un taux de conversion assez faible et de préserver le milieu au niveau des rejets.

Comme vous le disiez l’eau des océans grâce au dessalement solaire est devenue une source de vie pour les populations souffrant de stress hydrique, mais est-ce que l’utilisation de ce procédé à grande échelle pourrait avoir un effet négatif sur la ressource ?

Non si on est à même d’avoir des rejets compatibles avec le milieu et très bien dilués lors de leur retour en mer, il n’y a pas vraiment de soucis. Il ne faut cependant pas qu’il y ait trop de grandes usines pour éviter la concentration sur un seul site des rejets avec des milliers voir des millions de mètres cubes de production. Il faut plutôt multiplier le nombre d’unités et les répartir selon les besoins.

Y’a-t-il aujourd’hui des vecteurs de progrès d’ores et déjà ciblés, comme par exemple la transformation des saumures, mis ou à mettre en place afin d’améliorer l’exploitation de la ressource ? 

Oui l’un des axes sur lequel nous avons fait de nombreuses recherches, qui ont abouties, c’est de limiter la quantité d’intrants chimiques. Il faut avoir en tête que lorsqu’on fait du dessalement à très fort taux de conversion comme certains de nos confrères, on utilise des composants chimiques qui permettent de ne pas altérer la qualité de membranes et d’éviter de solidifier des matières à l’intérieur des membranes. Ces produits chimiques qui sont mis en entrée pour prétraiter l’eau, on ne les retrouve pas dans l’eau douce mais dans l’eau saumâtre rejetée à la mer et ce sont des produits forcément nocifs pour l’environnement. Donc non seulement les rejets à la mer peuvent être sur-salés et créer un choc osmotique mais peuvent être également chargés de produits chimiques.
Travailler comme nous, sur un faible taux de conversion, permet d’éviter cela. C’est un engagement. Le fait d’aborder le dessalement de manière douce entre guillemets permet d’éviter ces produits chimiques c’est-à-dire qu’avec un faible taux de conversion, nous sommes désormais capables de travailler absolument sans produits chimiques et cela fonctionne.

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